Esprit

La philosophie charnelle d’André Gorz

March 9th, 2014

Version française récrite et rédigée pour la revue Esprit par Alice Béjà, parue janvier 2014.  Voire versions anglaise (dans Logos) et version plus étouffé dans Berliner Debatte. Initial

Lire:  Esprit, janvier 2014, Gorz

Cabaret et Théâtre: de Weimar à Broadway

November 17th, 2011

Article paru dans Esprit, décembre 2011:

Le jeune Bertolt Brecht voulait créer un théâtre qui ne soit que théâtral, qui ne représente rien du dehors, qui ne fasse pas la morale, qui soit féroce dans son refus des mœurs bourgeoises. C’est ce dernier trait qui relie les œuvres de jeunesse à celles du Brecht marxisant qui se servait du Verfremdungseffekt (l’effet d’aliénation ou distanciation) afin d’éviter le didactisme un peu lourd que véhiculent des pièces comme Mère Courage, le Cercle de craie caucasien, ou la Vie de Galilée. C’est entre la période de Weimar et celle du marxisme qu’il rencontra son premier grand suc- cès auprès du public avec l’Opéra de quat’sous. Cette pièce, qui date de 1928, est une sorte de charnière. Son « héros », Mackie Messer (Mack le cou- teau), jouit de la vie libre du gangster protégé par le shérif, Tiger Brown, ancien soldat comme lui, avant d’être trahi par sa copine, la « pirate » Jenny. L’« anti-héros » de la pièce, Peachum, est le chef des mendiants et le père de l’innocente et rêveuse Polly, séduite par Mackie ; Peachum incarne en quelque sorte le vil capitaliste dont la richesse provient du « travail » des autres. Or, cette pièce ne raconte pas une fable morale ou politique ; et malgré son inti- tulé, ce n’est pas un opéra classique, comme le signale aussi la musique dis- sonante de Kurt Weill (qui allait bien- tôt se séparer d’un Brecht marxisant à tendance didactique). On est ici dans le cabaret, un genre unique.

chronique XIV: